Un après-midi d’hiver resplendissant de soleil…Pas de vent, pas de neige…pas de souffle. Un regard derrière la draperie rouge, la rue couverte par un tapis de feuilles oublié par l’automne, la tasse de café sur la petite table ronde, la chambre qui s’effondre dans la lueur, La Pavane pour une infante défunte… Un moment de grâce suspendue…Ah ! Je suis l’artisan de ce monde.
Le petit Prince
C’est alors qu’apparut le renard:
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
- Je suis un renard, dit le renard.
- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
- Ah! pardon, fit le petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta:
- Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
- Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
- C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie “créer des liens…”
- Créer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…
- C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…
- Oh! ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
- Sur une autre planète ?
- Oui.
- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
- Non.
- Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?
- Non.
- Rien n’est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée:
- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:
- S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
- Que faut-il faire? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…
Le lendemain revint le petit prince.
- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites.
- Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.
- C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:
- Ah! dit le renard… Je pleurerai.
- C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
- Bien sûr, dit le renard.
- Alors tu n’y gagnes rien !
- J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta:
- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
Le petit prince s’en fut revoir les roses:
- Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.
Et il revint vers le renard:
- Adieu, dit-il…
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
- L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
- Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Chapitre XXI
Antoine Marie Jean-Baptiste Roger de Saint-Exupéry
Requies
Comme un morne exilé, loin de ceux que j’ aimais,
Je m’ éloigne à pas lents des beaux jours de ma vie,
Du pays enchanté qu’ on ne revoit jamais.
Sur la haute colline où la route dévie
Je m’arrête, et vois fuir à l’horizon dormant
Ma dernière espérance, et pleure amèrement.
Ô malheureux ! Crois-en ta muette détresse :
Rien ne refleurira, ton coeur ni ta jeunesse,
Au souvenir cruel de tes félicités.
Tourne plutôt les yeux vers l’ angoisse nouvelle,
Et laisse retomber dans leur nuit éternelle
L’amour et le bonheur que tu n’as point goûtés.
Le temps n’a pas tenu ses promesses divines.
Tes yeux ne verront point reverdir tes ruines;
Livre leur cendre morte au souffle de l’ oubli.
Endors-toi sans tarder en ton repos suprême,
Et souviens-toi, vivant dans l’ ombre enseveli,
Qu’il n’ est plus dans ce monde un seul être qui t’aime.
La vie est ainsi faite, il nous la faut subir.
Le faible souffre et pleure, et l’insensé s’irrite ;
Mais le plus sage en rit, sachant qu’il doit mourir.
Rentre au tombeau muet où l’homme enfin s’abrite,
Et là, sans nul souci de la terre et du ciel,
Repose, ô malheureux, pour le temps éternel!
Charles-Marie LECONTE DE LISLE
Thomas de Zengotita, The dilemma of authenticity
[http://www.youtube.com/watch?v=yFBnJlazG3M
I’ve come across this video and I’ve instantly cherished the theory proposed by de Zengotita.
There’s an” objective knowledge”that humans can’t reach, and there are only good and bad ways to interpret things.[1]
I believe that De Zengotita reinterprets one of the most debated themes in the past 40 years: identity, but by means of authenticity-a theme intensively explored by the existentialists. Somehow de Zengotita flows between Lyotard’s relativism and Derrida’s theory of deconstruction, both of them pioneers in the field of postmodern studies.
Derrida’s telling us that what we use to know as being stable, it has an unstable basis, right? Well, de Zengotita tells us that “we cannot simply just “be”, as in the traditional societies, but we have to earn it”.
We have to involve ourselves actively and of course consciously in this process, or better, we have to become” the authors of ourselves”[2]. I think we face a new ”mal du siècle” but a postmodernist one, and we have to step forward to a new stage: a higher stage of consciousness of our selves, though it might sound too spiritual. Till then, we are somehow stuck into this “destruction/deconstruction” stage, if we take into consideration the so called traditional cyclic theory.
“Being honest of the process of fabrication of who you are”, this is what De Zengotita has identified as the new condition of the postmodernism age. So, this is the root of all evils, isn’t it? I mean those huge identity problems and all the processes of consciousness arise from this almost Sisyphean work of constructing/building our Self?! In this sense, I cannot abstain myself from not suggesting “Herzog” by Saul Bellow as the concrete literary representation of this “dilemma of authenticity”.
I don’t want to sum up or even reduce Thomas de Zengotita’s dilemma of authenticity only as reflexive-cognitive process. No, I believe that he gives his paces in pointing out the fact that we need to make use of this new postmodern sensibility, to make possible a some sort of re-configuration, so that what existentialist have called ”the tragic dialectic”, must end.
We have to dissociate ourselves from the false identities; we shall get rid of a fanatic fundamentalism, of the old ways of living. ”The notion of authenticity has to be re-calibrated”. That is, we have to become aware of the fact that our identities (be it spiritual, be it whatever you like) have different ways of being constructed, ways that we are not aware of. Isn’t that unauthentic authentic?
Enigma, Callas went away
Voici une chanson qui constitue une excellent médicine pour l’esprit… pour la méditation. La chanson constitue un hommage à la cantatrice grecque Maria Callas.
« Des chants électroniques des oiseaux au début, mélangé à un rythme lent et les sons d’un piano mène aux chuchotements Sandra et se termine avec quelques samples de Callas chantant Ces lettres, ces lettres, tirées de l’opéra Werther de Jules Massenet »[1].
« Callas est morte
Mais sa voix restera pour l’éternité »
[1] Wikipedia. MCMXC a.D. Enigma
Gregory Lemarchal, Nos fiançailles
Je peux écouter cette voix à l’infini… « Nos fiançailles » représente une des chansons dont je suis le plus attachée. . L’interprétation que Gregory a donnée à cette chanson m’a portée sur les cimes du bonheur, du désespoir, de la rêverie. Pour une seconde j’ai senti comment mon âme se détache de mon corps… Je suis sortie de moi-même.
Lourds sont nos promesses et nos liens
The Mysterious Stranger, by Mark Twain
I share with you a DREAM…or the TRUTH? I can’t make up my mind….
“Strange, indeed, that you should not have suspected that your universe and its contents were only dreams, visions, fiction! Strange, because they are so frankly and hysterically insane – like all dreams: a God who could make good children as easily as bad, yet preferred to make bad ones; who could have made every one of them happy, yet never made a single happy one; who made them prize their bitter life, yet stingily cut it short; who gave his angels eternal happiness unearned, yet required his other children to earn it; who gave his angels painless lives, yet cursed his other children with biting miseries and maladies of mind and body; who mouths justice and invented hell – mouths mercy and invented hell – mouths Golden Rules, and forgiveness multiplied by seventy times seven, and invented hell; who mouths morals to other people and has none himself; who frowns upon crimes, yet commits them all; who created man without invitation, then tries to shuffle the responsibility for man’s acts upon man, instead of honorably placing it where it belongs, upon himself; and finally, with altogether divine obtuseness, invites this poor, abused slave to worship him! . . .
“You perceive, now, that these things are all impossible except in a dream. You perceive that they are pure and puerile insanities, the silly creations of an imagination that is not conscious of its freaks – in a word, that they are a dream, and you the maker of it. The dream-marks are all present; you should have recognized them earlier.
“It is true, that which I have revealed to you; there is no God, no universe, no human race, no earthly life, no heaven, no hell. It is all a dream – a grotesque and foolish dream. Nothing exists but you. And you are but a thought – a vagrant thought, a useless thought, a homeless thought, wandering forlorn among the empty eternities!”
He vanished, and left me appalled; for I knew, and realized, that all he had said was true.
Bach, J.S. – “Air” Orchestral Suite N° 3 in D Major_BWV 1068
The four Orchestral Suites or Ouvertures BWV 1066–1069 are a set of compositions by Johann Sebastian Bach, probably composed between 1725 and 1739 in Leipzig. The word ouverture refers to an opening movement in which a section of slow dotted-note rhythm is followed by a fugue; at the time, this name was also used to refer to a whole suite of dance-pieces in the French baroque style.
Suite No. 3 in D major, BWV 1068
The Air is one of the most famous pieces of baroque music. The third suite includes the gavotte, a gracious dance in duple meter that, despite its origins as a French peasant dance, was regularly performed in court circles in the sixteenth century; the bourrée, a lively French folk dance in duple meter that was often danced at the court of Louis XIV, who reigned from 1643 to 1715; and the gigue, a fast dance that originated in Ireland and England, where it was known as the jig (Shakespeare calls it “hot and hasty”).
No single movement is as famous as the Italianate aria of the third suite. This is one of Bach’s most magnificent creations, the limpid beauty of its melody overshadowing an accompaniment of unusual contrapuntal richness. (The familiar title, Air on the G String, refers not to Bach’s original, but to an arrangement for solo violin made by August Wilhelmj in 1871 that transposed the melody more than an octave lower so that it could be played on the violin’s lowest string, the one tuned to G.)
http://answers.yahoo.com/question/index?qid=20090628152126AAiRsKD






